Interview: Ousman Giengue

INTERVIEW-OMAR

Pouvez-vous nous raconter vos origines artistiques ?

J’ai eu la « chance » de naitre dans une famille entourée de passionnés d’arts, des chanteurs, musiciens, danseurs, comédiens, dessinateurs … Ayant grandi dans cet univers artistique j’ai rapidement été attiré par ces différents domaines, mais surtout par les 3 premiers, dans lesquels j’essaie de m’améliorer au fil du temps et de partager ma vision.

Vous définissez-vous comme un artiste digital ?

Dans une certaine mesure, oui. Ayant une formation en Automatisme et Electricité, je touche un peu à tout ce qui est capteur et interaction avec la technologie. Et le travail que je veux accomplir consiste donc à allier mes passions artistiques à celles technologiques (Capteurs, lumières projections, etc.).

Votre pratique artistique s’est-elle initiée avec l’utilisation du numérique directement, où aviez-vous évolué d’une discipline dit aujourd’hui « traditionnelle » vers le numérique ? Quel parcours aviez-vous suivi ?

J’ai d’abord commencé par des disciplines dites traditionnelles (Danse Hip-Hop, Guitare…), puis au fil des années, en découvrant différentes possibilités techniques (numériques) et certaines réalisations artistiques faites avec, j’ai eu envie d’apporter ma touche personnelle à cette fusion.

Parlez-nous un peu de votre travail artistique, votre univers, vos inspirations, les sujets que vous motivent.

En gros comme dit plus haut, mon travail consiste en la création d’une interaction entre de l’électronique, de la projection, et une performance artistique, quelle qu’elle soit. Avoir le numérique qui guide l’artiste, ou l’artiste qui commande le numérique, ou même une conversation entre les 2.
Je m’inspire beaucoup de ce que je vois et entend tous les jours, la nature, les interactions avec mon environnement. Pour les sujets, je dirais beaucoup la spiritualité, la connaissance de soi et de ce qui nous entoure, l’harmonie qu’on peut créer avec tous ces “éléments”

Dans vos créations numériques, vous travaillez seul où il s’agit d’un travail collectif avec l’intervention d’une équipe technique qui offre des solutions à vos recherches artistiques ?

A la base je travaillais seul, puis j’ai eu à faire des tests avec un Danseur, et je commence à me rapprocher de plus en plus d’autres personnes avec différentes compétences techniques pour aider et rajouter un peu plus de perspectives à ce que je veux réaliser.

Dans votre environnement, quelles sont les principales contraintes pour un artiste qui cherche à expérimenter et à créer avec les médias numériques actuels ?

La principale contrainte rencontrée est la difficulté d’obtenir les moyens technico-financiers, avoir accès à du matériel d’assez bonne qualité qui pourra efficacement mettre en valeur, interagir avec, la performance artistique.

Existe-t-il dans votre pays une dynamique autour de la création numérique : des événements, des subventions, des centres de recherche, de formations, des espaces de rencontre, autres ?

Ces dernières années, de plus en plus, oui. Beaucoup d’artistes s’associent à des acteurs du numériques pour créer des œuvres innovantes. Des ateliers de formations se font aussi de temps en temps pour permettre à plus de personnes d’intégrer la « communauté » d’artistes numériques.

Quelle-est la réponse du public dans votre pays vis-à-vis des œuvres numériques ? quel type de public assiste usuellement à ce type d’événements ?

La réception du public est plutôt bonne. Les différentes performances provoquent un certain émerveillement, les gens ne sachant pas vraiment comment ce qui leur est présente a été fait. 
Le public est assez hétérogène, et on y retrouve des gens de différents horizons et couches sociales.

Aviez-vous déjà participé à un concours d’art numérique ? Racontez-nous….

Non, pas encore

Avez-vous des contacts avec des réseaux d’artistes latino-américains ?

Non.

Comment envisagez-vous le développement de l’art numérique dans votre pays et en Afrique ?

Vu l’évolution que l’art numérique a connu ces dernières années au Sénégal, il est bien parti pour s’étendre beaucoup plus et prendre une place très conséquente dans l’expression culturelle du pays. Il offre une perspective nouvelle aux artistes et professionnels du « numérique », sur la façon de mettre en pratique leurs compétences, et je pense que de plus en plus de personnes s’y intéresseront et partageront leurs productions, dans les années à venir.

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